T'est-il déjà arrivé de réagir avec beaucoup d'intensité dans une relation sans comprendre pourquoi ? As-tu du mal à faire confiance aux autres, as-tu peur de l'abandon ou, au contraire, préfères-tu garder tes distances pour ne pas souffrir ? Si tu te reconnais dans l'une de ces situations, il est possible que le traumatisme et le style d'attachement y soient pour quelque chose.
La bonne nouvelle, c'est que ces difficultés ne reflètent pas qui tu es, mais ce que tu as vécu. Et surtout, elles peuvent changer.
Qu'est-ce que l'attachement ?
L'attachement est le lien affectif que nous tissons avec les personnes qui s'occupent de nous pendant l'enfance. C'est à travers ces premières relations que nous apprenons, sans nous en rendre compte, comment fonctionne le monde et ce que nous pouvons attendre des autres.
Si, enfants, nous nous sentons écoutés, protégés et soutenus, nous avons plus de chances de grandir avec le sentiment que nous pouvons faire confiance aux autres et demander de l'aide lorsque nous en avons besoin.
Cependant, lorsque l'environnement était imprévisible, qu'il y avait du rejet, des critiques constantes, un abandon affectif ou des situations de violence, notre système nerveux a appris à se protéger du mieux qu'il pouvait.
Ces stratégies ont été utiles à l'époque. Le problème survient lorsque nous continuons à les utiliser des années plus tard, alors même qu'elles ne sont plus nécessaires.
Qu'entend-on par « traumatisme » ?
Beaucoup de gens pensent qu'un traumatisme ne survient qu'après avoir vécu des événements extrêmes, comme un accident grave ou une catastrophe. Mais un traumatisme peut également résulter d'expériences répétées qui génèrent un sentiment d'insécurité ou de vulnérabilité.
Grandir en ayant l'impression que vos émotions n'ont aucune importance, vivre dans la peur, devoir s'occuper des adultes alors que vous étiez encore enfant ou ne pas vous sentir aimé de manière constante peut également laisser une marque profonde.
En réalité, le traumatisme ne dépend pas uniquement de ce qui s'est passé, mais aussi de l'impact que cette expérience a eu sur toi et des ressources dont tu disposais pour y faire face.
Comment le traumatisme affecte-t-il nos relations ?
Lorsqu’une personne a appris que l’amour peut s’accompagner de souffrance, de rejet ou d’abandon, il est normal que les relations entre adultes suscitent des émotions très intenses.
Certaines personnes ont besoin d'être constamment rassurées sur l'amour qu'on leur porte et craignent d'être abandonnées. D'autres évitent de s'attacher trop, car elles ont le sentiment que dépendre émotionnellement de quelqu'un peut leur causer de la souffrance. Il y a aussi celles qui oscillent entre se rapprocher et s'éloigner, aspirant à l'intimité mais éprouvant de la peur lorsque celle-ci se présente.
Ces façons d'interagir ne sont pas des défauts de personnalité. Ce sont des mécanismes de défense que le cerveau a développés pour assurer sa survie émotionnelle.
Le corps, lui aussi, se souvient
Le traumatisme n'affecte pas seulement nos pensées. Il a également une influence sur le système nerveux.
C'est pourquoi de nombreuses personnes ressentent de l'anxiété, ont du mal à se détendre, sont en état d'hypervigilance, ont le sentiment d'être constamment en danger, souffrent de blocages émotionnels ou éprouvent un besoin permanent de contrôler tout ce qui se passe autour d'elles.
Il arrive même parfois que des symptômes physiques apparaissent, tels que des tensions musculaires, des troubles digestifs, de la fatigue ou des difficultés à dormir.
Cela ne veut pas dire qu’il y a « quelque chose qui cloche » chez toi. Cela signifie simplement que ton organisme a appris à rester en état d’alerte pour te protéger.
Est-ce qu'on peut le changer ?
Oui.
L'une des plus grandes avancées de la psychologie au cours des dernières décennies est de savoir que le cerveau conserve toute sa vie la capacité d'apprendre de nouvelles façons d'interagir.
Cela ne signifie pas effacer le passé ni oublier ce que l'on a vécu. Cela signifie qu'il est possible de se forger un sentiment de sécurité que l'on n'a peut-être jamais connu.
La thérapie offre un espace permettant de comprendre l'origine de ses propres réactions, de mieux gérer ses émotions et de développer des relations plus saines, tant avec les autres qu'avec soi-même.
Le changement est généralement progressif. Il commence souvent lorsque nous cessons de nous demander « Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? » pour commencer à nous demander « Que s’est-il passé pour que je réagisse ainsi aujourd’hui ? ».
Demander de l'aide, c'est aussi une façon de prendre soin de soi
Beaucoup de personnes viennent en thérapie en pensant qu'elles sont trop sensibles, qu'elles choisissent toujours des partenaires qui leur font du mal ou qu'elles ont un problème parce qu'elles n'arrivent pas à entretenir des relations stables.
Cependant, derrière cette souffrance se cache souvent une histoire qui mérite d'être écoutée, sans être jugée.
Comprendre comment le traumatisme a influencé ta façon d'établir des liens ne signifie pas rester ancré dans le passé. Cela signifie comprendre ton histoire pour ne plus la répéter.
Car ce que nous avons appris pour survivre ne doit pas nécessairement nous accompagner toute notre vie.
Avec un accompagnement adapté, il est possible de nouer des relations plus saines, de se sentir plus en sécurité sur le plan émotionnel et de vivre avec moins de peur et plus de liberté.